Retour sur Bananage

Bon,
Cette deuxième était pas terrible terrible…

Tout d’abord, je tiens à vous dédouaner de cet échec : j’en suis le responsable pour plusieurs raisons.

Je vous donne dans le détail les erreurs qui se sont produites et qui ont transformé le Beau Spectacle que nous avions fait en cet Étrange Magma du vendredi matin…

D’abord : le théâtre n’est pas une compétition. Briller c’est une chose (à laquelle je suis sensible), mais le plus important c’est le propos que l’on tient : en l’occurrence il s’agit du “pire de l’humanité”, un sujet grave, lourd, que l’on doit traiter avec le plus grand sérieux. Nous l’avons fait à Rezé : nous avons dansé sur la corde raide, entre des sentiments et des masques très contradictoires.

A Guérande, j’ai senti monter en vous le désir de briller, et peu à peu s’occulter le vrai sens de ce que nous racontions. J’aurai dû à ce moment là prendre mes responsabilités et écouter quelques intuitions. Resserrer au lieu de Relâcher ! Lorsqu’on est responsable d’un travail tel que celui-ci, on en préserve l’exigence jusqu’au bout, et ça n’a pas été le cas. J’en suis profondément désolé.

Ensuite, pleins de petites pétouilles de mise en scène, mises bout à bout ont fait dévier le spectacle : les applaudissements à la fin de la vidéo étaient en trop ; ils donnaient l’impression d’une auto-congratulation. Les mots en trop dans le micro… Ce bleu nuit que je vous ai infligés, croyant qu’il marcherait aussi bien que le bleu happy. Ah la la !

Bon et du coup le rythme n’était pas bon, les voix rentrées, c’est la peur qui régnait sur le plateau !
On aurait dit un banc d’huîtres !

Dommage, mais c’est comme ça. Et encore une fois, on en apprend beaucoup plus sur soi-même dans ce genre de contexte. Nous avons eu une véritable aventure : Vécu le Pire et le Meilleur!
S’attaquer à ce sujet n’est pas sans danger, et la moindre relâche se paye au prix fort…
Mais le jeu en vaut la chandelle : et celui qui ne risque rien, n’aura, en retour, jamais rien.

Or donc, je tiens à vous dire ceci : jamais je n’ai poussé un travail d’atelier à ce point d’exigence. Vous avez relevé le défi et vous l’avez fait brillamment. Ce que nous avons réussi à Rezé doit rester comme la preuve que vous avez su vous approprier un travail complexe, ambitieux, et le porter à un point très haut. Ce qu’on a fait une fois, on peut le faire toute sa vie.

Je suis fier de vous, et j’ai raison de croire qu’à condition de laisser libre l’expression, sans aucune forme de censure, elle nous apprend d’elle-même à respecter l’exigence qui la constitue.

Le leçon est bonne à prendre !

On se revoit au lycée pour les photos.

Boum !

~ par Ministere de l'Amour sur mai 17, 2008.

6 Réponses to “Retour sur Bananage”

  1. Le Joli Monde ne l’était plus tellement. Le plus dur a été de se dire qu’on avait réussi à Rezé et échoué à Guérande. Or au Printemps théâtral, on était des théâtreux devant d’autres théâtraux. De là venait cette envie de réussir.
    Savoir rester humble en toutes circonstances, je crois que je m’en souviendrai.
    Merci de ton honnête, je l’ai grandement apprécié. J’ai moi aussi commis des erreurs et je m’en excuse. Je n’ai pas réussi à encaisser tous ces couacs sans broncher, cela m’a décontenancé et du coup je n’étais plus dans le truc. Le signe ? J’avais mal aux mâchoires durant la prestation, ce qui n’était pas le cas à Rezé …
    Mais à Rezé, on a vraiment réussi, c’est super bien passé et j’y ai pris un immense plaisir.

    Merci =D

  2. Romain,
    Juste après la fin de notre prestation. Effectivement la deception était présente et la tristesse par conséquence. Mais je dois remercier le lycée Clemenceau, leur performance n’était pas mauvaise mais n’avait aucun sens critique. De plus le petit commentaire de la prof du lycée parlant de Badinter et compagnie, j’ai trouvé ça en aucun point approprié. C’est au moment de la standing ovation que j’ai compris qu’on avait peut être mal joué mais qu’on avait quelque chose à dire contrairement à Clemenceau. Pour finir notre petite discution m’a aidé à comprendre certaines choses que l’on voit au théâtre. D’ailleurs merci. Donc, Nous avons bien travaillé, Nous sommes pas idiot et avons Un sens critique et Nous savons l’exploiter. Et pour moi, là est la victoire.
    Merci beaucoup pour cette année passé avec toi et j’espère te recroiser très prochainement.

    Merci
    Etienne

  3. Etienne,
    Je comprends ce que tu veux dire et effectivement c’était tout à fait étrange cette standing ovation. Cependant les lycéens de Clémenceau ont fait leur travail, comme vous ils y ont cru, et les applaudissements étaient leur juste récompense.
    La standing ovation, n’était (peut-être) pas justifiée, mais on peut y voir aussi un désir du public de réconcilier tout le monde après notre Ratage.

    Quant à notre conversation, je voudrais ajouter ceci : tout est affaire de goût finalement : ce que je n’aime pas, d’autres sont libres de l’aimer. Cependant je crois que le théâtre est affaire d’engagement, c’est ma conviction, et sur ce point je ne changerai jamais d’avis. Le grand regret de Guérande c’est de n’avoir pas pu défendre notre travail, et donc, de n’avoir pas laissé libres les spectateurs d’aimer ou non. Dans ces cas là le public est sans pitié.

    Et le plus terrible (pour moi) là-dedans est sans doute que je serai, par voie de conséquence, obligé de rentrer avec mes collègues dans un débat du type “peut-on tout faire dire aux lycéens”, qui met en danger leur propre travail, et le mien.
    La liberté de ton implique une grande responsabilité, une absence totale de légèreté quant au travail.
    Je suis amer moi aussi, d’autant qu’on tenait quelque chose de vraiment réussi, de très très fort. On aurait pu faire avancer le débat, et là au contraire on risque de favoriser les Défenseurs du Cul-Cul la Praline.

    Bon C’est Comme Ça. Mais C’est Rigolo Finalement.

    Bonne continuation Etienne,
    et merci à toi aussi pour ton boulot.

    Romain

  4. Pour répondre à Antoine,
    Le manque d’humilité et de concentration sont les raisons principales de notre échec ; mais pour l’avenir et quoi que l’on entreprenne, l’humilité ne doit pas exclure l’ambition !

    Jamais !

    Mort au Centre !

    Romain

  5. ^^ bien vu Romain. Je suis d’accord avec ton point de vue, mais il faut savoir faire la part des choses, ce que nous n’avons pas su faire assez. Bien qu’ayant dormi près de 25mn devant la pièce du lycée Clémenceau (je sais, ce n’est pas sérieux, mais le discours des deux profs ne me motivait pas), j’ai très vite capté le style de la pièce, parlant du lycée et du temps qui passe, sans aucun recul ni aucune vision critique, à la différence du Joli Monde ou de certaines autres pièces (les deux sur la flexibilité dans le monde du travail, notamment).
    A très vite j’espère =)

  6. Bonsoir Romain,
    J’apprécie ta réponse. Et je suis d’accord pour dire que le côté rigolo de la situation fait rire au fond. Et qu’il faut voir ça sereinement. Je voulais néanmoins te demander une autre chose, c’est savoir si nous pouvions nous revoir à l’extérieur du lycée car j’ai quelques petites questions à te poser à propos des ecoles de théâtres,etc,…Désolé de demander cela ici mais je n’ai pas ton adresse mail^^” Qu’en penses tu ?
    A très bientôt

    Etienne

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